Pendant longtemps, j’ai cru que mon acné finirait par disparaître d’elle-même.
Comme beaucoup, j’ai pensé que c’était « normal » à l’adolescence.
Et comme beaucoup aussi, j’ai tout essayé pour la cacher, la soigner, la faire taire.
Mais plus les années passaient, plus ma peau parlait pour moi.
Et personne ne semblait vraiment écouter ce qu’elle disait.
Ce que je vais partager ici, c’est plus qu’un simple problème de peau.
C’est une histoire de regard sur soi, de douleurs physiques et invisibles, de rendez-vous médicaux sans réponse, de solitude, de honte parfois.
Et aussi de soulagement.
Voici mon parcours avec l’acné hormonale, liée au SOPK.
Un parcours long, épuisant, mais nécessaire à raconter.
Le début : une acné « comme les autres » ?
Aujourd’hui, j’ai 28 ans (bientôt 29), et quand je pense à mon adolescence, je me rends compte à quel point mon acné a occupé une place énorme dans ma vie.
Tout a commencé à l’âge de 14 ans. Je pensais que c’était une acné « normale », comme beaucoup d’adolescentes à la puberté.
Mais avec le temps, ma peau empirait. Et je voyais bien que ce n’était pas la même chose que chez les autres.
J’avais des boutons partout : sur le visage, dans le cou, dans le dos.
Des boutons rouges, douloureux, qui devenaient blancs, remplis de pus, parfois même de vrais furoncles.
Et si dans le dos, je pouvais les cacher avec des vêtements, sur le visage, c’était impossible à dissimuler.
Je voyais les regards, j’entendais les moqueries.
Certaines personnes ne voulaient même pas me faire la bise.
On ne m’appelait plus par mon prénom, mais « la boutonneuse » ou « la fille aux boutons ».
J’avais l’impression qu’on ne voyait que ça.
Les premiers traitements inefficaces
Avec mes parents, on a essayé tous les produits possibles : nettoyants, crèmes, sérum, lotion, masques, en pharmacie, en grande surface.
Rien ne fonctionnait. Et parfois, certains produits aggravaient les choses.
On a dépensé beaucoup d’argent, beaucoup d’énergie. Et toujours pas de résultats.
À l’adolescence, j’ai vu un dermatologue.
Il m’a dit que j’avais une acné chronique.
Il m’a prescrit du Rubozinc (à base de zinc), puis des crèmes comme Cutacnyl, Épiduo gel, Curapost
Aucune ne fonctionnait et parfois, c’était pire.
Il m’a également prescrit un antibiotique, Tétralysal. Encore une fois, aucun effet.
Et en nettoyant, il me prescrivait toujours des produits de pharmacie.
Mais à ce moment-là, je ne savais pas que mon acné était hormonale.
Et encore moins que j’avais un SOPK.
Le refus de la pilule, puis la découverte du SOPK
Le dermatologue voulait que je prenne la pilule, connue pour son efficacité sur l’acné.
Mais mon médecin traitant de l’époque a refusé.
J’étais jeune, je n’avais pas de vie sexuelle, donc pas besoin de contraception selon elle.
Vers 20-21 ans, j’ai fini par consulter un gynécologue pour des règles douloureuses, irrégulières et des cycles très longs.
Après une prise de sang, une échographie pelvienne (par le ventre) et une échographie endovaginale, il m’a diagnotiqué un SOPK.
Le SOPK, ou syndrome des ovaires polykystiques, est un trouble hormonal fréquent qui touche environ 1 femme sur 10.
Il est lié à un déséquilibre hormonal qui perturbe l’ovulation et peut provoquer un excès d’androgènes (hormones mâles présentes naturellement en petite quantité chez la femme).
Ce dérèglement entraîne différents symptômes, qui varient d’une femme à l’autre, et qui ne sont pas toujours tous présents.
Les symptômes les plus courants incluent :
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Des cycles menstruels irréguliers, absents ou très longs
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Des règles parfois très douloureuses
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Une acné persistante, souvent hormonale
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Une pilosité plus importante (hirsutisme) sur le visage, le menton, la poitrine ou le ventre
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Une perte de cheveux diffuse ou localisée (alopécie)
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Une peau et des cheveux plus gras que la moyenne
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Une prise de poids ou une difficulté à en perdre
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Une résistance à l’insuline, pouvant mener au prédiabète ou au diabète de type 2
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Une fatigue importante
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Des troubles de l’humeur ou de l’anxiété
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Des difficultés à concevoir (infertilité possible)
Dans mon cas, je présentais plusieurs de ces symptômes : une acné sévère, une peau très grasse, des cheveux gras, des cycles irréguliers et longs, des règles douloureuses, une pilosité plus marquée, une chute de cheveux importante, de l’anxiété et une grande fatigue.
Le SOPK n’est pas toujours facile à diagnostiquer, car il peut se manifester différemment d’une femme à l’autre.
J’ai raconté plus en détail mon expérience avec le SOPK (et aussi avec l’endométriose) dans un autre article ici :
👉 https://lecarnetdalicia.com/mon-parcours-avec-le-sopk-et-lendometriose/
Le parcours médical continue
Il m’a prescrit la pilule Diane 35, connue pour son effet sur l’acné, et Androcur.
J’ai pris Diane 35 pendant un an et demi environ, et Androcur pendant six mois.
Et là, miracle : mon acné a totalement disparu.
Mais quelque temps plus tard, on a suspecté une endométriose, et un autre gynécologue m’a changé de pilule pour une en continue.
Les pilules en continu qu’on m’a ensuite prescrites n’ont eu aucun effet sur mon acné. Elle est revenue, aussi forte qu’avant.
J’ai tenté les compléments alimentaires (zinc, bardane, ortie, magnésium, probiotiques), l’huile essentielle de tea tree… mais rien ne changeait.
Le diagnostic de l’endométriose, et toujours pas de solution
En 2021, on m’a diagnostiqué une endométriose et un syndrome de l’intestin irritable.
Mon gynécologue m’a prescrit une nouvelle pilule en continu.
Je la prends encore aujourd’hui.
Elle aide à stabiliser l’endométriose, mais n’a aucun effet sur le SOPK ni sur l’acné.
Ma nouvelle médecin traitante m’a donc remise sous Tétralysal et Cutacnyl.
Je lui ai expliqué que je les avais déjà pris adolescente, sans effet.
Elle m’a répondu que peut-être, cette fois, ce serait différent.
Mais non. Toujours aucun résultat.
Elle m’a alors dit qu’elle n’avait plus de solution à me proposer, et m’a fait un courrier pour consulter un dermatologue.
L’orientation vers un endocrinologue
Ce nouveau dermatologue a lu mon dossier et vu le SOPK.
Il m’a demandé si j’avais déjà vu un endocrinologue.
Je lui ai répondu non.
Il m’a fait un courrier pour aller en consulter un avant de revenir le voir.
Quelques mois plus tard, j’ai vu une endocrinologue.
Elle m’a dit que je n’étais pas en surpoids, pas particulièrement poilue, pas de résistance à l’insuline, pas diabétique.
Mais moi, je sentais que quelque chose n’allait pas.
Acné, peau grasse, chute de cheveux, cycles longs et irréguliers.
Mon corps me disait clairement que non, tout ne va pas bien.
Elle m’a prescrit un traitement contre l’acné et la pilosité.
Mais au bout de quelques semaines, je me sentais très mal. Ma tension baissait beaucoup.
J’ai de l’hypotension de base, donc c’était dangereux.
Je suis retournée voir ma médecin traitante, qui m’a immédiatement dit d’arrêter ce traitement.
Le tournant : Roaccutane
Je suis retournée chez le dermatologue.
Lors de la première consultation, il ne m’avait pas parlé de Roaccutane.
Mais cette fois, il m’a dit clairement que j’avais tout essayé.
Et que la dernière solution possible, c’était Roaccutane (Curacné).
J’ai donc accepté de le prendre.
Je l’ai pris pendant huit mois, c’était en 2023.
La dose augmentait chaque mois, avec des prises de sang régulières.
Au bout d’un mois, j’ai commencé à voir des résultats.
Moins de boutons, moins d’inflammation, une peau plus apaisée et plus nette.
Mais les effets secondaires étaient bien là : lèvres très sèches, douleurs articulaires, moral instable, yeux secs, fatigue…
Aujourd’hui
Depuis la fin du traitement, je n’ai plus eu d’acné.
Ma peau reste grasse, avec des pores dilatés et des points noirs, mais plus de boutons.
Et rien que ça, c’est énorme.
Je sais que l’acné hormonale peut revenir, surtout avec le SOPK.
Et j’ai peur, parfois.
Mais je profite tant que ça dure.
Un mot important sur Roaccutane
Roaccutane n’est pas un traitement anodin.
Il est puissant, et ses effets secondaires peuvent être lourds.
Sécheresse extrême, troubles de l’humeur, douleurs, risques hépatiques, et surtout un risque très grave en cas de grossesse.
Ce traitement doit être encadré médicalement, avec un suivi strict et des analyses mensuelles.
Il n’agit pas sur la cause de l’acné hormonale, mais sur ses effets.
Chaque peau est différente.
Ce qui a fonctionné pour moi ne convient pas nécessairement à une autre.
Conclusion
Parler de mon parcours avec l’acné, c’est comme rouvrir un chapitre lourd de ma vie.
Fait d’incompréhension, d’errance médicale, de honte, de douleurs physiques et mentales.
J’ai mis du temps à comprendre que mon acné venait de l’intérieur.
Et que mon SOPK en était la cause.
Aujourd’hui, ma peau va mieux, et moi aussi.
Et si je partage tout ça ici, c’est pour que d’autres femmes sachent qu’elles ne sont pas seules.
L’acné hormonale n’est pas “juste de l’acné”.
C’est souvent le signe d’un dérèglement plus profond, comme le SOPK, et il est temps que les médecins l’écoutent et le reconnaissent plus vite.
Je partage mon histoire pour que d’autres femmes ne passent pas autant d’années à chercher une explication à ce que leur peau essaie de dire.

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